.1-
Présentez-nous la formation actuelle:
Le groupe est composé à
la base de: PJ (violon), Carlos (batterie, djembé, programmations)
et de Jay C. (Chant, synthés, programmations)
2-
Racontez-nous votre histoire jusqu'à ce premier CD:
Aprés plusieurs ébauches différentes, OB se fixe
à trois musiciens début 94. PJ et moi sommes déjà
là et l'orgue est tenu par Eric. La rythmique est assurée
par une petite boîte. Nous faisons à cette période
quelques concerts dont un à la MJC Rezé d'où
sera tiré un titre qui sera gravé sur le CD compilation
des "Baptêmes Rock". La même année, nous sortons
une cassette 6 titres.
95: Carlos intègre le groupe qui, peu aprés, se risque
sur des scénes plus importantes (Trocardiére, UBU avec
Laïka...). Puis Eric quitte le groupe et c'est l'arrivée
des machines avec les premiers essais de programmations sur sampler,
séquencer et boîte.
96: Youn puis Matthias se succèdent aux percussions, le premier
s'exilera dans l'île de la Réunion, le second se consacrera
exclusivement à la formation de percusionnistes. Quelques concerts:
L'Olympic à Nantes avec les Tindersticks, le Chabada à
Angers avec Transglobal Underground. C'est la sortie également
d'une cassette 4 titres (dont une première version de "Die
Stadt")
97: Le début de l'année est consacrée à
l'enregistrement du premier CD. C'est aussi l'année de l'ouverture
car nous jouons en Belgique, en Suisse, à Paris (La flêche
d'Or), dans l'Est...etc.
Ce premier opus d'ORANGE BLOSSOM est un instantané d'ORANGE
BLOSSOM 97, il fait référence à l'ORANGE BLOSSOM
passé avec le cabaret berlinois de "Die Stadt" ou l'instrumental
"velvetien" "N." (orgue/violon) et puis il ouvre sur l'ORANGE BLOSSOM
avenir(?) avec le trip-hop "Anaconda Girl" ou le techno-core
"Bata" ou bien encore l'ethnique "I'm dying". Tout cela forme l'ORANGE
BLOSSOM du présent plein de diversité et d'émotions.
La rencontre de 3 musiciens de cultures et de personnalités
différentes semblent être à l'origine de cet éclectisme
musical.
3-
Quel est le parcours de chacun jusqu'à ORANGE BLOSSOM? Comment
s'est faite votre rencontre?
Alors
que je me destinais au professorat d'allemand, j'ai décidé
en Juin 93 de ne faire que de la musique. PJ sortait d'une expérience
avec un groupe de métal (il était bassiste) et lorsque
je lui ai proposé de reprendre son violon, il a tout de suite
accepté. OB est né à ce moment là. Carlos
est venu du Mexique en France à la fin des années 80.
Nous l'avons ceuilli à son retour de Cuba où il était
parti apprendre la batterie. Son jeu nous a impressionné,
et par la suite il nous a poussé à mélanger
l'acoustique et les machines.
4-
Quels sont vos musiques préférées et vos disques
de chevets?
Nous venons d'horizons musicaux différents mais nous écoutons
de tout sans préjugés qu'il s'agisse de musiques ethniques,
traditionnelles et religieuses ou des musiques à tendance
groove ou techno. Je n'ai pas spécialement de disques de
chevets mais je reconnais avoir un faible durable pour l'album "Psychic
Karaoké" de Transglobal Underground, celui de Massive Attack
"Protection" et toute la discographie d'Abba.
5-
Comment se passe la composition des morceaux entre vous trois?
En général, nous programmons des pistes de samples,
de basses et de nappes sur le séquencer puis nous faisons tourner
le tout en boucle et jouons dessus jusqu'à en tirer quelque
chose qui sonne. Ensuite, nous rassemblons nos envies et commencons
à construire le schéma du morceau. Le critère
fondamental d'un bon morceau est qu'il nous plaise à tous les
trois.Les dernières compositions laissent apparaître
une grande maîtrise de l'électronique et du sampling.
6-
Qu'est-ce que le sample a apporté à votre musique?
Le sampling nous ouvre les portes d'un monde sonore que nous utilisons
peu en Occident. Il a fait éclater la sainte trinité
basse-guitare-batterie et c'est pour moi l'instrument le plus
actuel puisqu'il peut mélanger tout avec n'importe quoi, briser
les frontières de la synthèse technologique et de l'acoustique.
Bref, c'est un instrument de liberté !
7-
Comment choisissez vous vos "samples"?
Nous ne choisissons pas nos samples, ce sont eux qui nous choisissent,
nous charment, nous envoûtent, nous font comprendre que le mélange
avec le violon, le chant, les percussions est évident. Tout
se passe dans nos oreilles, à la feuille mais jamais à
partir d'un concept.
8-
Est-ce que vous pensez qu'il doit y avoir une éthique du
"sample", qu'on ne peut pas mélanger n'importe quel "sample"
avec n'importe quoi ou bien estimez vous qu'il n'y a aucun interdit
dans ce domaine?
S'il doit y avoir une éthique du sample, je n'en serai pas
l'instigateur; je finirai d'ailleurs certainement hors-la-loi..
La liberté musicale ne souffre aucune barrière morale.
Restreindre un mode d'expression quelqu'il soit, c'est le début
du fascisme. Seul le son compte et le son n'appartient à personne,
même pas à celui qui le produit. Le mélange, s'il
est heureux, est toujours possible. Cependant, certains chants ou
rites sacrés sont tellement chargés spirituellement,
tellement élevés que je ne me risquerais pas à
y ajouter quoique ce soit, cela serait inutile.
L'électronique
et le sampling ont pris une part importante dans vos compositions,
mais vous semblez particulièrement tenir au mélange
électronique/acoustique tant au niveau des rythmiques que des
mélodies. C'est d'ailleurs une des grandes sources d'émotion
de votre musique. Dans la forme, on reste proche du format chanson-pop
(malgré des morceaux entre 5' et 7'): un chant en anglais presqu'
omniprésent, des refrains, un violon qui égrène
des mélodies entêtantes..
9-
Jay C., le chant en anglais marque les influences anglo-saxonnes.
Pourquoi chanter en anglais? Envisages-tu d'aborder d'autres langues
comme tu l'as fait avec l'allemand pour "Die Stadt"? De quoi parlent
tes textes?
Le choix de la langue n'a pas d'importance en soi. Les sonorités
et les rythmes de la langue anglaise m'offrent un bon moyen moyen
d'expression, un bon moyen d'exploiter ma voix. Je chante en allemand
sur "Die Stadt" car le texte de Georg Heym est très beau, mais
cette langue est trop "rugueuse" à mon goût pour que
je l'emploie plus souvent. A l'inverse, les langues latines sonnent
un peu trop liquide. L'arabe et la langue indienne sont des langues
très lumineuses, le texte de "I'm dying" est d'ailleurs en
parti composé de paroles d'un chant populaire indien.
Quant au français, j'y viendrai un jour mais pour le moment
notre langue fait plus appel à ma tête qu'à mes
oreilles. Les textes sont toujours écrits après la musique
car c'est l'énergie des notes, des sons et des rythmes, l'ombre
ou la lumière des ambiances qui guident mon chant. Toutes les
chansons d'OB parlent de la même chose mais sur un ton chaque
fois différent.
10-
Quelle "direction musicale" allez-vous prendre pour les nouvelles
compositions?
Nous gardons le cap que nous avons pris au départ en mélangeant
les machines avec les instruments acoustiques. La scène influence
de plus en plus nos arrangements, ce qui donnera à notre musique
un côté vivant et physique de plus en plus marqué.ORANGE
BLOSSOM, c'est par ailleurs un groupe qui "tourne" beaucoup et qui
rencontre un grand public lors de ses concerts.
11-
Que vous apporte l'expérience de la scène?
La scène nous apporte toute une série de contraintes
et de problèmes techniques, c'est pourquoi nous tirons profit
de chaque expérience en améliorant constamment notre
configuration, nos instruments, nos lumières, notre son et
donc notre plaisir d'être sur scène.
12-
Qu'est-ce vous essayez de faire passer lors de vos concerts?
Un concert est un échange d'énergie entre les musiciens
et le public qui donnent et reçoivent simultanément.
Comme c'est très différent d'une répétion
en studio, j 'essaie lorsque je compose avec le groupe, de ne jamais
oublier que nous allons donner notre musique.
13-
Quels groupes vous ont marqué par leur prestation scénique?
Tricky m'a beaucoup impressionné lors de son passage à
l'Olympic en 96: le son était parfait et les lumières
étaient en adéquation totale avec sa musique. Mes concerts
préférés pour 97 sont Spicy Box et Asian Dub
Foundation. Vous avez mis tous les atouts de votre côté
pour devenir des musiciens professionnels.
14-
Comment/où vous voyez-vous dans 5 ans?
Je ne peux pas projeter OB dans l'avenir. En deux ans, nous avons
posé des bases intelligentes mais rien n'était calculé
car nous avons tout découvert au fur et à mesure. Pour
devenir des musiciens professionnels, il faudra que nous travaillions
davantage encore, et que l'équipe qui nous entoure (management,
son, lumières...) soit de plus en plus efficace.